Le temps des sucres
Dans son article sur les « Sucreries de la montagne », paru dans le Cahier d'histoire numéro 34 (février 1991) de la Société d'histoire de Beloeil, Mont-Saint-Hilaire, Armand Cardinal mentionne que c'est le docteur Michel Sarrazin (1659-1734), venu de France au Québec en 1685, qui est l'initiateur de l'art de faire du sucre à partir de l'eau d'érable vers 1730.
Selon le Jésuite français Pierre-François-Xavier Chalevoix, les Amérindiens buvaient l'eau des arbres, mais ne connaissaient pas l'art de faire du sucre.
Déjà au XIX e siècle, le sucre d'érable était la deuxième production en importance après le blé dans la seigneurie de Rouville, dont le territoire comprenait les villes actuelles de Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park et Saint-Jean-Baptiste. C'était une denrée très importante qui remplaçait avantageusement la mélasse et le sucre des Antilles. Le sucre d'érable procurait un revenu d'appoint important au cultivateur avant la saison des semences.
Dès le siècle dernier, les segneurs de Rouville stimulèrent et encouragèrent la production du sucre d'érable. En 1888, les producteurs de la montagne de Saint-Hilaire produisirent 33 145 livres de sucre.
Parents et amis venaient à Saint-Hilaire au printemps pour se sucrer le bec. Les produits du sucre d'érable faisaient les délices de tout le monde. Cette activité familiale a laissé la place, de nos jours, à une autre plus commerciale. Chaque année, les gens continuent de visiter la montagne pour se sucrer le bec. Cette activité folklorique attire toujours un grand nombre de personnes intéressées à venir contempler les quelques érablières encore en activité dans la région.
— Alain Côté, 1996