S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Saint-Basile-le-Grand et Samuel Jacobs

Saviez-vous que Saint-Basile-le-Grand fut une seigneurie pendant plus de deux cents ans ? Cette seigneurie fut propriété de la famille Jacobs-Bender pendant près de cent ans. Il est intéressant de savoir pourquoi.

Pour comprendre le développement du territoire grandbasilois, il faut se reporter au régime seigneurial de la Nouvelle-France. Sous l'intendant Jean Talon, les seigneuries prirent de l'ampleur avec l?attribution de 46 seigneuries en 1672 dont celle de Chambly. Cette seigneurie comprend aujourd?hui les territoires des municipalités de Carignan, Chambly, Saint-Basile-le-Grand du côté ouest de la rivière Richelieu, et du côté est, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Richelieu et Notre-Dame-de-Bonsecours.

En 1719, la seigneurie de Chambly est divisée en deux parties : Chambly-Est et Chambly-Ouest. De 1719 à 1748, cette dernière partie devient la propriété de Jean-Baptiste Boucher de Niverville. À sa mort, en 1754, ses fils se partagent la seigneurie divisée en deux fiefs : Jean-Baptiste Boucher de Niverville fils reçoit le fief Chambly et Joseph-Claude Boucher de Niverville hérite du fief Saint-Joseph.

Le fief Saint-Joseph ou Jacobs mesure une lieue et demie de large en bordure de la rivière Richelieu depuis les limites de la seigneurie de Belœil en se dirigeant vers Chambly sur une lieue de profondeur depuis le Richelieu en gagnant la montagne de Boucherville, aujourd?hui le mont Saint-Bruno. Une lieue est une ancienne mesure de longueur de 84 arpents français, soit 3,1 milles anglais ou 4,99 kilomètres. De forme rectangulaire, ce fief mesurerait 35 kilomètres carrés, soit le territoire actuel de Saint-Basile-le-Grand.

Dès 1763, revenu de son exil en France après la Guerre de Sept ans, Joseph-Claude Boucher de Niverville s'établit aux Trois-Rivières. Pendant quelques années, il y côtoie des représentants de la communauté juive avec qui il fait affaire. Vers 1790, Joseph-Claude Boucher vieillissant a de plus en plus de difficulté à gérer son fief Saint-Joseph à distance. En 1792, il en fait part à Aaron Hart qui en informe Samuel Jacobs fils.

Le 24 mai 1793, Samuel Jacobs fils se présente chez le notaire Joseph Papineau de Chambly et achète le fief Saint-Joseph. Samuel Jacobs est né à Québec en 1764, fils aîné d?une famille de sept enfants, issus de l?union de Samuel Jacobs et Marie-Josette Audette dit Lapointe. Après des années d'études cléricales en administration, il décide de suivre les traces de son père. Vers 1800, il s'établit à Chambly. Il achète la production de céréales de la région qu?il s?empresse d?expédier vers Québec. Pendant le conflit de 1812-1814, il participe au ravitaillement des troupes en poste au Fort de Chambly. Il meurt à Chambly en juillet 1824, son service funèbre a lieu à l'église anglicane St.Stephen?s à Chambly. Le fief Jacobs demeure la propriété de la famille Jacobs-Bender jusqu?à sa vente par encan à la porte de l'église de Saint-Basile-le-Grand, en janvier 1893, à la famille Lamarre-Hurteau de Longueuil.

 — Bruno LaBrosse, 1999
Plan de la seigneurie de Chambly Ouest, vers 1800. SHBMSH, collection Bruno-LaBrosse.
Plan de la seigneurie de Chambly Ouest, vers 1800. SHBMSH, collection Bruno-LaBrosse.

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