S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Enfin ! Le train arrive à Belœil - Saint-Hilaire

De tout temps, les communications par voie de terre ou d'eau ont été au centre des échanges économiques et sociaux. Depuis l'arrivée des Français au Canada, la navigation sur les cours d'eau était le moyen de communication le plus efficace et le plus rapide. Les premières routes ont souvent mal desservi les habitants parce qu'elles étaient impraticables ou mal entretenues. Au milieu du XIXe siècle, l'arrivée du chemin de fer produira un bouleversement dans le domaine des transports. Au début, le train servait de complément aux routes existantes mais surtout aux voies fluviales, de loin le moyen de communication privilégié. Avec le temps, le chemin de fer devint le moyen de transport préféré de toute une société, et ce jusqu'à l'arrivée de l'automobile.

À Belœil - Saint-Hilaire, la rivière Richelieu demeura longtemps la principale voie de communication dans la région et avec les villages situés sur les rives du Saint-Laurent. Les voyages sur les premiers chemins étaient fort longs et parfois dangereux. Lorsqu'il fut question d'établir une ligne de chemins de fer, plusieurs promoteurs cherchèrent le tracé le plus court et le plus économique entre Montréal et l'Est des États-Unis. C'est le projet Montréal-Portland défendu par John Alfred Poor (1808-1871), grand promoteur américain de chemins de fer, qui retint l'attention des administrateurs du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique. Cette ligne devait assurer à Montréal un port sur l'Atlantique ouvert en toutes saisons. Le parcours partait de Longueuil pour rejoindre Saint-Hyacinthe en passant par Belœil et Saint-Hilaire. Portland sera réuni au réseau en 1854. Très tôt, Poor se joint à la compagnie du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique et en devint l'un des plus énergiques administrateurs. Rapidement le chemin de fer prit de l'expansion. La compagnie connut de bonnes années puis, face à une concurrence de plus en plus vive, en 1853, elle fut réunie au chemin de fer du Grand Tronc.

En 1844, Thomas Edmund Campbell (1809-1872) devenait seigneur de Rouville. Il s'impliqua très tôt dans le développement de sa nouvelle seigneurie. Avec les années, il fut considéré l'un des seigneurs les plus entreprenants de la province ainsi qu'un personnage aimé et respecté de la population. C'est pourquoi le gouvernement colonial lui demanda de s'engager dans les affaires de l'état. Plus tard, il fit de la politique tout en s'intéressant aux affaires. Il fut administrateur de la Banque de Montréal, de la compagnie d'assurances Reliance Mutual et des chemins de fer chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique et du Grand Tronc. Il usa sûrement de son influence pour faire passer le train sur ses terres. En 1845, il signa un acte par lequel il céda tous les terrains nécessaires au passage de la voie ferrée. Il comprit que le progrès de sa seigneurie devait passer par la venue du train.

La réalisation de la nouvelle voie ferrée s'est faite sur quelques années. La cérémonie d'ouverture du chemin de fer, annoncée dans l'édition du 26 décembre 1848 dans la Minerve, devait se faire en présence des actionnaires et des directeurs de la compagnie. Elle fut remise au 28 décembre car le mauvais temps empêcha un grand nombre d'invités de se présenter. Ces personnes, en majorité des Montréalais, devaient se rendre à Longueuil en prenant la traverse à une l'époque où il était risqué de passer au milieu des glaces. Le jour de l'inauguration, le trajet Longueuil - Saint-Hilaire prit 1 heure 10 minutes pour aller et 1 h 13 minutes pour le retour. À la station de Saint-Hyacinthe, une immense foule attendait avec des bannières et autres signes de réjouissance. Le trajet régulier avec arrêt durait une heure et demie.

Ainsi débutait l'histoire du train à Belœil et Saint-Hilaire. Si nous sommes redevables à John Alfred Poor pour la construction d'un chemin de fer entre Montréal et Portland, nous croyons que le seigneur Campbell joua un rôle tout aussi important pour faire passer le train dans notre région. Ce nouveau moyen de transport allait servir les intérêts régionaux en amenant ici une série d'industries qui apportèrent la prospérité.

 — Alain Côté, 1999
Belœillois endimanchés attendant l'arrivée du train pour Montréal, au début du 20e siècle. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal
Belœillois endimanchés attendant l'arrivée du train pour Montréal, au début du 20e siècle. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal

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